RPS 1810 – Radiologic insights into skeletal ageing: osteoporosis and frailty
RC 1711 - Miscellaneous diseases of the CNS: navigating diagnostic challenges
RPS 1912 - Hot Topic: AI in paediatric radiology - scientifique
ESNR - The beauty of neuroradiology
RC 1716 Normal variants and mimics in oncologic imaging
RC1712 : Imaging of congenital cardiothoracic anomalies
RPS 1810 – Radiologic insights into skeletal ageing: osteoporosis and frailty
Auteur : Maxime PASTOR, CHU de Montpellier
Surspécialité : MSK
Cette session scientifique était consacrée aux nouvelles approches d’évaluation opportuniste de l’ostéoporose et du risque fracturaire à partir de l’imagerie, en particulier au scanner. Parmi les études présentées, en voici quelques-unes d’intérêt.
Une étude a montré que l’injection de produit de contraste modifie significativement les valeurs de densité minérale osseuse (DMO) mesurées au scanner, avec des variations d’environ 20 %, pouvant conduire à des erreurs de classification diagnostique entre ostéopénie et ostéoporose. À l’inverse, un protocole de scanner ultra-faible dose optimisé permettrait de réduire l’irradiation de plus de 90 % tout en conservant une excellente précision diagnostique pour l’évaluation de la DMO lombaire.
Par ailleurs, l’analyse automatisée de la microarchitecture osseuse par scanner haute résolution ou cone-beam CT pourrait améliorer l’évaluation du risque fracturaire grâce à des paramètres trabéculaires quantitatifs.
Enfin, concernant l’intégration de l’intelligence artificielle et de l’analyse opportuniste des scanners de routine, l’utilisation d’outils automatisés de segmentation, comme TotalSegmentator, permet d’extraire des biomarqueurs osseux et musculaires prédictifs de fractures vertébrales ostéoporotiques.
Dans l’ensemble, ces travaux illustrent l’essor d’une imagerie osseuse plus quantitative et automatisée, qui pourraient prochainement amener au dépistage opportuniste et à la stratification du risque fracturaire en pratique clinique.
RC 1711 - Miscellaneous diseases of the CNS: navigating diagnostic challenges
Auteur : Guillaume HAMON, CHU de Rennes
Thématique : Neuroradiologie
Cette séance rapportait quelques pathologies neurologiques rares. Dans ces situations le terrain immunologique et toxique du patient (immunodépression, post-transplantation, maladies auto-immunes, immunothérapie, intoxications) constitue un élément central du raisonnement diagnostique.
Les encéphalopathies avec lésion réversible du splénium du corps calleux (MERS) ont des étiologies variées et peuvent se présenter sous 2 formes : le type 1 avec un œdème cytotoxique centré sur le splenium du corps calleux et le type 2 avec une atteinte bilatérale et symétrique de la substance blanche.
La méningite rhumatoïde fait partie des rares cause de méningite aseptique à évoquer face à une restriction de diffusion au sein des espaces sous-arachnoïdiens de la convexité, comme alternative à une méningite bactérienne. En imagerie, la discordance topographique entre les anomalies en diffusion et les zones rehaussées peut être un élément d’orientation par rapport aux étiologies bactériennes où l’on retrouve plus volontiers une concordance entre ces deux anomalies.
Certains aspects doivent être reconnus car ils orientent vers une cause toxique spécifique, tel le syndrome CHANTER (Cerebellar, Hippocampal, and Basal Nuclei Transient Edema with Restricted diffusion). Il s’agit d’une atteinte liée aux intoxications aux opioïdes caractérisée en imagerie par une restriction de diffusion prédominant dans les régions à forte expression des récepteurs opioïdes (cervelet, hippocampes et noyaux gris centraux). Bien qu’il soit décrit comme “transitoire” avec un potentiel de réversibilité, les formes sévères peuvent se compliquer d’une hydrocéphalie obstructive et ne pas récupérer complètement.
Auteur : Nicolas STACOFFE, CHU de Lyon
Surspécialité : MSK
La présentation intitulée “Bipolar Radiofrequency Ablation—Assisted Kyphoplasty and Osteoplasty for Malignant Pathological Fractures: Safety and Clinical Outcomes” de la session RPS 2110-10 rapporte une étude rétrospective évaluant l’intérêt de la radiofréquence bipolaire réalisée avant une cyphoplastie ou une ostéoplastie dans le traitement des fractures pathologiques d’origine métastatique. Les auteurs ont analysé 37 patients ayant bénéficié d’une ablation thermique suivie d’une injection de ciment. L’objectif était d’améliorer le contrôle de la procédure et de réduire le risque de fuite de ciment, complication classique des techniques de cimentoplastie. Les résultats montrent un succès technique dans tous les cas et une diminution significative de la douleur après la procédure. L’imagerie post-procédure ne retrouvait pas de fuite majeure de ciment. L’hypothèse avancée est que l’ablation thermique permet de créer une cavité et de mieux contrôler la distribution du ciment lors de l’injection. Cette approche apparaît intéressante dans le contexte des fractures pathologiques métastatiques, où la prise en charge mini-invasive vise à améliorer rapidement la douleur et la qualité de vie des patients. Cependant, plusieurs limites doivent être soulignées. L’étude ne comporte pas de groupe contrôle, ce qui ne permet pas de comparer directement cette stratégie à une cimentoplastie conventionnelle. De plus, bien que les fuites de ciment représentent un risque connu de ces procédures, elles ne sont pas nécessairement symptomatiques sur le plan clinique. L’intérêt réel de la radiofréquence préalable pour réduire les complications reste donc à confirmer. Enfin, cette technique nécessite un dispositif spécifique et pouvant être coûteux. Des études prospectives comparatives seront donc nécessaires afin d’évaluer son véritable bénéfice clinique et médico-économique.
RPS 1912 - Hot Topic: AI in paediatric radiology - scientifique
Auteur : Antoine FRAISSENON, CHU de Lyon
Surspécialité : Pédiatrie
Plusieurs études ont été présentées concernant l’impact de l’intelligence artificielle en radiopédiatrie.
La première étude portait sur l’utilisation de l’IRM pour la prédiction de la prééclampsie à partir de descripteurs radiomiques extraits de séquences T2 et de diffusion. Deux paramètres permettaient d’identifier la prééclampsie avec une AUC de 0,93, contre 0,76 pour le Doppler conventionnel. Cette approche permettait également un diagnostic plus précoce, ouvrant la voie à une prise en charge thérapeutique anticipée afin de limiter les lésions placentaires.
La seconde étude concernait l’entraînement d’un modèle de segmentation supervisée des ganglions cervicaux basé sur l’architecture nnU-Net, à partir de scanners réalisés chez l’enfant et l’adulte. Les résultats montraient que les performances sur les données pédiatriques étaient améliorées lorsque les données adultes étaient ajoutées aux données pédiatriques lors de l’entraînement (plus de 7% de sensibilité). En revanche, l’ajout de données pédiatriques n’améliorait pas les performances lors de l’application du modèle sur des données adultes. Ces résultats soulignent l’intérêt d’utiliser des données adultes pour enrichir les modèles destinés à la population pédiatrique, chez laquelle les volumes de données sont plus limités.
Enfin, une comparaison des méthodes de reconstruction scanographique pulmonaire chez l’enfant montrait que les techniques basées sur l’apprentissage profond permettaient de réduire le bruit tout en maintenant une qualité d’image comparable aux reconstructions itératives, avec la possibilité de diminuer la dose d’irradiation.
Ces travaux illustrent le potentiel croissant de l’intelligence artificielle en radiopédiatrie pour améliorer le diagnostic, optimiser les modèles d’analyse et réduire les risques liés aux examens d’imagerie
ESNR - The beauty of neuroradiology
Auteur : Clara COHEN, Pôle Imagerie Centre Hospitalier Universitaire d'Orléans
Surspécialité : Neuroradiologie
La beauté de la neuroradiologie
Illustrer l’atlas « Gray’s Anatomy » avec le faisceau arqué reconstruit à partir de séquences de tractographie, voir en direct le cerveau en action grâce à l’IRM fonctionnelle, améliorer le pronostic post-opératoire des tumeurs cérébrales grâce à la planification du geste en IRM : l’imagerie cérébrale n’est pas qu’une simple innovation technologique. Le rôle du neuroradiologue est essentiel, il s’agit d’implémenter et maitriser les nouvelles séquences pour guider les spécialistes dans leurs pratiques.
Voir plus avec moins est le challenge actuel : réduire le temps d’acquisition, le nombre de séquences, les doses de produits de contraste.
L’IRM mobile et/ou peropératoire, ainsi que la biopsie virtuelle par IRM en sont à leurs débuts. L’objectif de cette dernière étant d’éviter une biopsie extemporanée lors de la chirurgie d’exérèse. Cela permettrait d’obtenir un diagnostic plus rapide, d’anticiper le type de chirurgie et de mieux informer et préparer le patient préalablement au geste.
Au sujet de l’IA, le futur est déjà là, prenons les devants, soyons visibles, restons les partenaires indispensables des équipes de développement.
Enfin, prenant en compte la physiopathologie lésionnelle et les anomalies tumorales structurelles utilisons tous les outils de notre couteau suisse neuroradiologique à disposition (ASL, Amide-Proton-Transfer, spectroscopie, DTI…) pour réduire les injections de gadolinium, dont les effets ont déjà été évoqués.
Notre spécialité est très belle, mais nous ne sommes probablement pas les seuls à le penser. Nous devons garder notre leadership, les patients en ont besoin.
RC 1716 Normal variants and mimics in oncologic imaging
Auteur : Juliette COUTUREAU, CHU de Montpellier
Surspécialité : Oncology / Genitourinary
L’objectif de cette session était de présenter des pièges en imagerie oncologique ou des anomalies qui peuvent mimer des lésions oncologiques. On en retiendra quelques outils de réflexions très simples et utiles pour notre pratique quotidienne.
En imagerie thoracique, comment réfléchir devant la découverte de nodules multiples ?
Hors contexte de cancer, il faut connaître certains diagnostics différentiels de métastases :
- les ganglions intrapulmonaires : à moins d’1cm de la plèvre, <10mm et sous la carène, avec un aspect typique en « béret francais). Néanmoins attention aux patients avec antécédent de cancer chez lesquels il faut rester prudent et surveiller le nodule au moindre doute.
- l’histiocytose langheransienne chez les fumeurs (traitement d’épreuve = arrêt du tabac)
- la DIPNECH : nodules/ micronodules et perfusion en mosaïque chez une femme d’âge moyen.
Dans un contexte de cancer, quelle réflexion adopter ?
1- Premièrement, le bon sens clinique et épidémiologique ! Est-il possible que dans ce type de cancer, à ce stade, il s’agisse d’une métastase ? Le poumon est-il l’un des premiers sites métastatiques de ce type de cancer (ex : cancer du sein sans atteinte ganglionnaire, et nodule pulmonaire) ?
Si non, on peut le surveiller.
2- Deuxième question : a-t-on besoin d’avoir une certitude rapide (ex : cancer du pancréas opérable) ?
Si oui, alors il ne faut pas hésiter à aller à la biopsie chirurgicale (souvent trop petits pour la biopsie percutanée).
En imagerie ostéo-articulaire, les séquences T2 Dixon sont très intéressantes pour rechercher du remplacement médullaire vertébral, car elles sont plus sensibles que l’association T1 /STIR pour détecter l’eau et la graisse.
La graisse dans les lésions garantit leur bénignité => bien visible sur la séquence Fat !
Dans le contexte particulier du bilan de mélanome, intérêt du T1 Dixon : l’hypersignal T1 de la mélanine ne chutera pas après saturation de la graisse !
Enfin, il ne faut pas oublier de mesurer la densité des lésions condensantes : les ilots condensant bénin ont une densité > 1000 UH. En cas de doute, le vide de signal T1 et T2, et l’absence d’anomalie au pourtour en IRM confirment le diagnostic.
RC1712 : Imaging of congenital cardiothoracic anomalies – session pédagogique
Auteur : Mehdi HAIDAR, CHU de Lille
Surspécialité : Imagerie cardiovasculaire
Cette session présentait les malformations congénitales cardiaques, pulmonaires et aortiques les plus fréquentes.
Les malformations bronchopulmonaires congénitales concernent environ 1/15 000 naissances vivantes et résultent d’un défaut d’embryogenèse avec obstruction des voies aériennes. Leur expression clinique varie d’une absence de symptômes à une détresse respiratoire néonatale. Parmi les principales entités figurent la malformation adénomatoïde kystique pulmonaire, le plus souvent unilobaire, la séquestration pulmonaire (intra- ou extralobaire) caractérisée par une artère systémique nourricière, et l’emphysème lobaire géant responsable d’un effet de masse. Détectées in utero par échographie ± IRM, ces anomalies sont évaluées par radiographie thoracique en période néonatale puis vers 12 semaines si la symptomatologie est limitée. Le scanner injecté, idéalement réalisé à distance de la naissance, doit inclure la région abdominale afin de rechercher d’éventuelles anomalies sous-diaphragmatiques associées.
Les malformations cardiaques congénitales concernent environ 1 % des naissances vivantes. Ont notamment été abordées la tétralogie de Fallot et les atrésies pulmonaires, dont la sévérité dépend du degré de sténose de la voie d’éjection pulmonaire. Le retour veineux pulmonaire anormal, partiel ou total, a également été évoqué. Le scanner permet une analyse anatomique précise, tandis que l’IRM offre une quantification fiable des shunts.
Les malformations aortiques résultent le plus souvent d’anomalies de différenciation des arcs aortiques embryonnaires et peuvent entraîner un effet de masse sur la trachée ou l’œsophage. Le scanner constitue l’examen de référence pour l’analyse morphologique, la présence d’un diverticule de Kommerell étant fréquemment associée à ces anomalies.
Ainsi, l’imagerie multimodale joue un rôle central dans le diagnostic et la prise en charge de ces malformations, et les progrès récents devraient encore améliorer leur détection précoce et leur suivi.
Auteur : Ahmed-Ali EL AHMADI, AP-HM
Surspécialité :
Cette session a réuni physiciens médicaux et radiologues autour de la question de l’exposition des femmes enceintes aux rayonnements ionisants lors des examens d’imagerie.
Les intervenants ont rappelé que toutes les modalités d’imagerie peuvent être envisagées chez une patiente enceinte. La décision doit avant tout être guidée par le contexte clinique et par l’application du principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable). Lorsque cela est possible, l’échographie et l’IRM sans injection sont privilégiées. Néanmoins, le principe de précaution ne doit pas conduire à une perte de chance pour la patiente.
Sur le plan dosimétrique, il a été souligné que la dose maximale reçue par le fœtus lors des examens d’imagerie est inférieure à 50 mGy, alors que le seuil de risque retenu par consensus est de 100 mGy. Ainsi, en dehors du scanner abdomino-pelvien, la dose délivrée au fœtus lors d’un scanner reste généralement négligeable.
Les orateurs ont également insisté sur plusieurs recommandations pratiques : la mise en place de protocoles dédiés au sein des services, la nécessité de ne pas se fier uniquement aux systèmes automatiques de contrôle de l’exposition des machines (à adapter avec l’équipe de physique médicale), l’adaptation des paramètres d’acquisition avec notamment la réduction du pitch et de la collimation, ainsi que l’absence d’intérêt du port d’un tablier plombé sur l’abdomen.
Enfin, la session a abordé la colique néphrétique, situation clinique fréquente chez la femme enceinte. Une stratégie diagnostique progressive est proposée, reposant sur l’échographie en première intention, l’IRM en seconde intention, puis le scanner en dernier recours si le diagnostic demeure incertain.