DAILY NEWS du 4 mars

DAILY NEWS ECR 2026 - 4 MARS 2026 - Bourse CERF-GUERBET

Vous pouvez lire tous les résumés sur cette page : ils sont classés en 2 catégories : 
- Résumés des sessions scientifiques
- Résumés des sessions pédagogiques
All abstracts are also available in English on this page

 

Avec le soutien de 

 

SESSIONS SCIENTIFIQUES

Scientific session : RPS 110 - What is new in sarcopenia and body composition 

RPS 211 - Modern imaging in stroke

RPS 205 « Améliorer le diagnostic et le pronostic grâce à l’IA dans les maladies du système nerveux central » 

Advances and emerging trends in breast MRI 

RPS 111 - Glymphatic system, venous and small vessel disease: small lesions, big impact  

Session RPS 517 : Nouvelles approche de l’imagerie traumatique en temps de paix et de guerre 

MS1 Acute retrosternal chest pain : from symptom to diagnosis ; multidisciplinary session 

RPS 610 - Imaging in action: musculoskeletal interventions – Sélection d'une étude 

 

SESSIONS PEDAGOGIQUES

E³ 22A - The painful shoulder  

E³ 121 - Contrast media: what young radiologists should know about sustainability, cost and deposition of contrast media 

Abdominal Imaging in pregnant women  

Comment faisons-nous : IRM avec ou sans agent de contraste à base de gadolinium ? Actualités et recommandations de l’ESMRMB-GREC 

E³ 226a - Cybersecurity in AI-driven radiology systems 

E³ 226b - Application of photon-counting CT in paediatrics: need or nice to have? 

RPS404 Photon counting CT : advances in chest imaging ; research presentation session : chest 

 

SESSIONS SCIENTIFIQUES

Scientific session : RPS 110 - What is new in sarcopenia and body composition 

Auteur : Maxime PASTOR, CHU de Montpellier

Surspécialité : Imagerie musqulo-squelettique

Résumé : Cette session était consacrée à l’imagerie de la composition corporelle et à la sarcopénie, avec un accent marqué sur l’automatisation et l’intelligence artificielle.

Plusieurs travaux ont confirmé la forte valeur pronostique des paramètres musculaires mesurés en scanner. Dans le sepsis, la perte longitudinale de masse musculaire lombaire (SMI), mesurée en L1, apparaît comme le facteur prédictif indépendant le plus puissant de mortalité. En transplantation pulmonaire et rénale, la sarcopénie et l’adiposité viscérale préopératoires sont également associées à une augmentation significative de la morbi-mortalité. De même, une méta-analyse montre un risque accru de refracture et de douleurs résiduelles après cimentoplastie vertébrale chez les patients sarcopéniques.

Plusieurs études ont proposé des approches simplifiées d’évaluation musculaire. L’analyse de muscles « sentinelles » (paravertébraux, glutéaux, psoas) permet d’approcher de manière fiable les métriques de radiodensité musculaire et de myostéatose.

Enfin, les approches d’intelligence artificielle occupaient une place importante dans cette session : L’automatisation par deep learning (3D U-Net) de la quantification musculaire et graisseuse sur IRM Dixon corps entier montre une excellente précision et reproductibilité, ouvrant la voie à des cohortes de grande ampleur, difficile à mener avec la quantification manuelle très chronophage.

 

RPS 211 - Modern imaging in stroke

Auteur : Clara COHEN, Pôle Imagerie Centre Hospitalier Universitaire d'Orléans

Surspécialité : Neuroradiologie

Actualités dans l’imagerie de l’Accident Vasculaire Cérébral Ischémique

Alerte revascularisation : à la recherche de l’étiologie perdue

Dans la filière AVC hors IRM, l’angioscanner artériel thoracique non-synchronisé améliore le bilan étiologique initial. 10% de la cohorte (n=223) présentait : un thrombus intracardiaque, une dissection aortique ou une plaque ulcérée de la crosse, et 11.4% un  diagnostic fortuit (EP, néoplasie etc.).

Par ailleurs, l’ajout d’un scanner cardiaque au temps veineux améliore la détection de thrombi intracardiaques (13%) ou d’une dilatation de l’auricule gauche, qui sont associés à un moins bon pronostic.

Enfin, les thrombi en « I » dans la terminaison de l’artère carotide interne (ICA-I) sont sous-diagnostiqués. Sur 3730 patients, 9.5% présentent une occlusion ICA-I, 18% ICA-T, et 73% M1. Seulement 29% des occlusions ICA-I étaient correctement diagnostiquées initialement, fréquemment confondues avec des dissections ou des occlusions proximales de la carotide interne.

Astuce neuroradiologique : sur une occlusion proximale, prévoir deux acquisitions d’affilée sur les TSA, sans réinjecter (ARM ou Angioscanner), afin de distinguer une subocclusion, une occlusion vraie, ou un ralentissement en amont d’un thrombus de la terminaison de l’ACI.

 

RPS 205 « Améliorer le diagnostic et le pronostic grâce à l’IA dans les maladies du système nerveux central »

Auteur : Guillaume HAMON, CHU de Rennes 

Surspécialité : Neuroradiologie 

La session scientifique intitulée « Améliorer le diagnostic et le pronostic grâce à l’IA dans les maladies du système nerveux central » a abordé des thématiques très variées.

Parmi les sujets traités, plusieurs concernaient l’utilisation de l’IA en imagerie vasculaire, tel que le développement de modèles de Deep Learning (DL) pour évaluer la stabilité des anévrismes intracrâniens ou encore l’identification des anévrismes à risque de rupture. D’un point de vue très pratique un travail a évalué l’apport d’un logiciel d’IA commercialisé dédié à la détection des occlusions vasculaires sur angioscanner par rapport à la lecture radiologique seule. De façon intéressante, il soulignait que le malgré des performances globalement similaires, le modèle d’IA a détecté 42 occlusions non vues par les radiologues (soit 15 pour 1 000), principalement localisées au niveau du segment distal de l’ACM, du siphon carotidien et du segment P2 de l’ACP. En revanche, les radiologues ont identifié environ 40 occlusions manquées par l’IA, soulignant la complémentarité IA/radiologues.

Enfin, une étude a montré l’impact potentiel des variations techniques sur l’évaluation du Brain Age Gap Estimation (BrainAGE), en comparant plusieurs cohortes de sujets sains à partir d’un pipeline standardisé. Le champ magnétique et le type de constructeur des IRM, constituent des potentiels biais qu’il convient de prendre en compte lors de l’interprétation.

Si vous êtes intéressé par l’un de ces sujets, les abstracts détaillés sont disponibles dans le programme de l’ECR 2026.

 

Advances and emerging trends in breast MRI

Auteur : Juliette COUTUREAU, CHU de Montpellier 

Surspécialité : Imagerie sénologique

Plusieurs études avaient pour objectif de rechercher des facteurs prédictifs en IRM de lésions de haut grade (dans les cancers invasifs et CCIS). Elles étaient globalement réalisées sur de petites cohortes (environ 50 patientes) ce qui limite leur généralisabilité.

On retiendra la suivante :

Prognostic value of kinetic parameters in pre-treatment ultrafast dynamic contrast-enhanced MRI of invasive breast cancers

Les auteurs ont étudié plusieurs paramètres dynamiques des séquences ultrafast pour prédire des caractéristiques histologiques des cancers invasifs, notamment le TTE (délai de rehaussement par rapport à l’aorte) et le MS (pente maximale).

Ils ont montré une corrélation entre une MS élevée et un haut grade tumoral (p=0.049), ainsi qu’une corrélation entre un TTE court, l’absence de récepteurs oestrogènes et la présence d’HER2 (p≈0.03).

 

Une étude de plus grande ampleur (212 patientes) a recherché des critères prédictifs d’un envahissement ganglionnaire en IRM en utilisant des critères Radiomics.

Beyond the Breast: Radiomics of Axillary Nodes on Routine Breast MRI as a Biomarker of Nodal Metastasis

Les auteurs ont montré que les caractéristiques Radiomics en lien avec la forme irrégulière et le rehaussement hétérogène étaient les plus prédictifs d’envahissement. Le modèle avec Radiomics était supérieur à celui utilisant des critères d’imagerie conventionnelle (AUC 0.87 versus 0.71). L’analyse des ganglions axillaires en Radiomics permettrait donc d’améliorer le staging en imagerie et de mieux planifier le traitement.

 

RPS 111 - Glymphatic system, venous and small vessel disease: small lesion, big impact

Auteur : Antoine FRAISSENON, CHU de Saint Etienne

Surspécialité : Imagerie cardiovasculaire, neuroradiologie

Domaine : Neuroradiologie

La session scientifique a abordé plusieurs thématiques liées à l’imagerie cérébrale avancée et à ses applications dans les pathologies neurologiques. Voici-ci-dessous une synthèse de trois études présentées. 

Concernant le système « glymphatique », système de circulation intracérébrale de liquide céphalo-rachidien, les travaux s’intéressaient à l’augmentation du volume des plexus choroïdes (PC) dans différents contextes pathologiques. D’une part, une augmentation du volume des plexus choroïdes a été proposée comme biomarqueur potentiel d’une démence à venir. Cette modification pourrait être liée à une altération du turnover du liquide céphalo-rachidien (LCR), suggérant un rôle des plexus dans la physiopathologie précoce des troubles cognitifs. D’autre part, une corrélation entre le volume des plexus choroïdes et la sévérité clinique de la maladie de Parkinson a été rapportée. Toutefois, cette augmentation ne semble pas spécifique de cette pathologie, limitant sa valeur diagnostique différentielle. Aucune explication physiopathologique précise n’a été apportée concernant l’augmentation volumétrique observée. Une hypothèse évoquée serait un lien avec des phénomènes inflammatoires du LCR.

Concernant les espaces péricérébraux, une étude a mis en évidence une meilleure performance dans la détection des dilatations des espaces péri-cérébraux sur des acquisitions IRM 5T versus 3T. point de discussion important concernait les limites potentielles du 5T. Malgré sa meilleure résolution, l’augmentation du champ magnétique peut entraîner une inhomogénéité accrue du champ, susceptible d’altérer la qualité de certaines structures ou de certaines séquences par rapport au 3T. 

 

Session RPS 517 : Nouvelles approche de l’imagerie traumatique en temps de paix et de guerre

Auteur : Ahmed-Ali EL-AHMADI, AP-HM

Surspécialité : Radiologie diagnostique et interventionnelle

La première portait sur le suivi par IRM des lésions traumatiques des organes pleins abdominaux. Dans ce travail, la séquence de diffusion s’est révélée la plus performante pour la délimitation des lésions traumatiques spléniques, comparativement aux séquences pondérées T2 et aux séquences après injection de produit de contraste. Les atteintes vasculaires étaient identifiées grâce à la présence de flow voids ainsi que sur les séquences injectées. Enfin, l’IRM apparaissait particulièrement intéressante dans le cadre du suivi évolutif de ces lésions, notamment dans une optique de radioprotection.

La seconde étude s’intéressait à l’impact pronostique du volume d’extravasation de produit de contraste, mesuré au scanner, sur les besoins transfusionnels et la mortalité à 30 jours chez des patients présentant un saignement aigu traité par embolisation. Ce volume était estimé à partir d’un taux de saignement intégrant le volume d’extravasation, sa densité en unités Hounsfield (UH) et le temps d’acquisition, calculé sur les phases artérielle et portale du scanner. Ce taux de saignement était fortement corrélé à la mortalité à 30 jours ainsi qu’au volume de transfusion sanguine chez les patients ayant bénéficié d’une embolisation artérielle.

 

MS1 Acute retrosternal chest pain : from symptom to diagnosis ; multidisciplinary session

Auteur : Mehdi HAIDAR, CHU de Lille

Surspécialité : Imagerie cardiovasculaire, neuroradiologie

Thématique : Imagerie cardiovasculaire

Parmi les examens complémentaires permettant de rechercher une cause cardiaque, outre l’ETT et les troponines US, le coroscanner a un intérêt certain chez les patients à bas risque CV du fait de sa haute VPN (99%) pour exclure une cause coronaire.

Chez les patients à risque CV intermédiaire, le coroscanner permet de détecter 50 à 75% de lésions coronaires sans pouvoir en affirmer seul l’imputabilité. L’imagerie fonctionnelle telle que la CT-FFR et/ou la caractérisation et la quantification de plaques par l’imagerie spectrale tendent à devenir les outils de demain (Vliegenhart et al, Radiology, 2026) pour permettre un complément d’étude à l’étude seulement anatomique.

Toutefois, le bénéfice du coroscanner en urgence n’est pas encore établi et est encore débattu (JAMA 2026). L’avenir de l’imagerie cardiaque non invasive dans le cadre de douleurs thoraciques réside vraisemblablement dans le couplage entre l’imagerie anatomique et l’imagerie fonctionnelle (étude des coronaires, caractérisation tissulaire via le volume extra cellulaire) grâce aux nouvelles technologies telles que le scanner à comptage photonique et permettrait de guider la réflexion diagnostique (cas du infarctus avorté vs MINOCA vs myocardite par exemple) en complément de l’arsenal thérapeutique existant, bien que pour le moment ces outils n’apparaissent pas applicables en routine dans le contexte aigu. 

 

RPS 610 - Imaging in action: musculoskeletal interventions – Sélection d'une étude

Auteur : Nicolas STACOFFE, CHU de Lyon

Surspécialité :

Cette étude rétrospective monocentrique avait pour objectif de comparer l’efficacité à court et à long terme du plasma riche en plaquettes (PRP) avec celle d’une combinaison corticoïde–acide hyaluronique (HA) dans le traitement de la gonarthrose. Cent patients âgés de moins de 60 ans (âge moyen 51 ans) présentant une arthrose du genou classée selon la classification ICRS ont été inclus. Les patients ont été répartis en deux groupes. Le groupe A a reçu trois injections intra-articulaires de PRP espacées de deux semaines. Le groupe B a reçu une injection intra-articulaire de corticoïde suivie de deux injections d’acide hyaluronique aux mêmes intervalles. La douleur a été évaluée à l’aide de l’échelle visuelle analogique (VAS) au départ puis à 1, 3, 6 et 12 mois.

Les scores VAS initiaux étaient comparables entre les deux groupes. À 1 mois, le groupe corticoïde–HA présentait une amélioration plus rapide de la douleur. À 3 mois, aucune différence significative n’était observée entre les groupes. En revanche, à 6 et 12 mois, le PRP montrait une efficacité supérieure et plus durable sur la réduction de la douleur. L’analyse par sous-groupes dans le groupe corticoïde–HA suggérait un effet plus prolongé chez les patients avec des grades I–II de l’ICRS, tandis que les grades III–IV présentaient un bénéfice limité au court terme.

Les auteurs concluent que le PRP procure un soulagement symptomatique plus durable, bien que son effet soit plus lent à apparaître. À l’inverse, l’association corticoïde–HA offre un bénéfice rapide mais transitoire. Ces résultats soutiennent l’utilisation du PRP comme option thérapeutique potentiellement plus efficace à long terme dans la gonarthrose. 

 

SESSIONS PEDAGOGIQUES

E³ 22A - The painful shoulder

Auteur : Maxime PASTOR, CHU de Montpellier 

Résumé Cette session pédagogique était consacrée à l’imagerie de l’épaule douloureuse et des lésions liées à la pratique sportive.

Le premier orateur a mis l’accent sur les éléments clés devant figurer dans le compte rendu d’imagerie d’une épaule douloureuse, en évoquant notamment les principales lésions tendineuses. Il a également été souligné que les anomalies acromioclaviculaires sont fréquentes en imagerie et que  leur pertinence clinique doit être corrélée à l’examen clinique (douleur provoquée à la palpation de l’interligne).

La seconde partie de la session était consacrée aux lésions chez le sportif, en particulier les atteintes labrales : lésions de Bankart, Perthes ou ALPSA, etc., pour lesquelles l’ajout de séquences axiales permet améliorer la détection.

Concernant les SLAP lesions, l’orateur proposait de façon pragmatique une approche descriptive (en ne notant que les 4 premiers stades).

Des lésions plus spécifiques ont également été abordées, telles que l’avulsion humérale du LGHI avec le « J sign, les lésions postérieures de Kim.

Une chose importante à retenir : l’examen de référence pour l’exploration d’une épaule douloureuse chez nos voisins européens (Suisse, etc.) est l’arthro-IRM, peu réalisée en France. Cet examen permet de détecter avec précision les ruptures tendineuses et d’en caractériser l’étendue (rupture partielle ou complète, rétraction).

 

E³ 121 - Contrast media: what young radiologists should know about sustainability, cost and deposition of contrast media

Auteur : Clara COHEN, Pôle Imagerie Centre Hospitalier Universitaire d'Orléans 

La règle des 3R s’applique aussi aux produits de contraste !!

Produits de Contraste Iodés (PCI) : 40% des scanners sont injectés, mais les résidus iodés sont cytotoxiques, génotoxiques et écotoxiques.

Réduire la quantité injectée repose sur un protocole personnalisé ajusté sur le poids du patient (cible : 0.3-0.6g /kg), le temps d’acquisition, en utilisant un bolus de sérum physiologique de 30-50mL et en abaissant le kilovoltage.

Récupérer les PCI est nécessaire pour limiter la contamination environnementale. Sachant que l’excrétion urinaire des PCI est >50% dans les 2 heures après l’injection, le recueil des premières urines via des sanitaires dédiés ou des poches est pratique courante en Allemagne. Le traitement des déchets iodés se fait par incinération.

Recycler les PCI non utilisés représente un coût de 10€/scanner injecté, soit 30 millions €/an (Allemagne), mettant en lumière la nécessité de légiférer et d’un soutien par des fonds publics.

Le gadolinium n’est pas éliminé par le traitement habituel des eaux usées. Les perspectives pour réduire son utilisation reposent sur les produits gadolinés à haute relaxivité, permettant de diminuer la quantité injectée par deux, et l’optimisation des séquences notamment par IA. Il faut aussi envisager nouveau protocole du traitement des eaux usées.

Et les patients ? En 2025, 90% étaient prêts à prolonger leur passage à l’hôpital de 60 minutes pour contribuer à réduire l’impact environnemental lié à l’injection d’un produit de contraste.

Produits de contraste : Réduire, Récupérer, Recycler : à nous de jouer !

 

Abdominal Imaging in pregnant women

Auteur : Juliette COUTUREAU, CHU de Montpellier 

Surspécialité : Imagerie génito-urinaire, sénologique et des urgences

1-  Optimisation des examens d’imagerie chez la femme enceinte

Concernant l’IRM, d’après les dernières recommandations de bonnes pratiques, il n’y a pas de risque particulier à réaliser une IRM au T1 comparativement aux autres trimestres de grossesse.

En revanche, l’ACR ne se prononce pas formellement sur les risques en lien avec l’injection de Gadolinium : il existe des risques tératogènes prouvés sur les animaux en lien avec l’intensité et la durée d’exposition.

L’injection de Gadolinium est donc à éviter, sauf si « le bénéfice potentiel dépasse le risque potentiel à long terme pour le fœtus ». Si nécessaire, préférer les macrocycliques.

Concernant le scanner, le risque pour le fœtus reste négligeable pour des doses <50mGy, ce qui concerne la majorité des examens de routine.

Pour mémoire, les doses estimées par examen pour le fœtus sont les suivantes :

Crane 0mGy / Thorax Std 0mGy / EP 0.2mGy / AP 25mGy / TAP 34 mGy / AP colique néphrétique 10mGy

Concernant l’échographie, les microbilles ne passent pas dans la circulation fœtale, mais il n’existe pas de recommandations actuelles quant à leur utilisation.

2-     

Urgences abdominales en IRM : points clés 

L’IRM sera le plus souvent demandée pour exclure une colique néphrétique, une appendicite ou une torsion annexielle.

Pour tous ces diagnostics, il est intéressant de réaliser des séquences T2 SE, T2FS et diffusion à faible b.

L’appendice n’est pas vu dans 24 à 40% des cas, mais l’absence d’œdème, de collection ou de restriction de diffusion a très haute valeur prédictive négative pour affirmer l’absence d’appendicite même si l’appendice n’est pas vu !

Pour la torsion ovarienne, il s’agit de chercher un œdème ovarien sur les séquences T2FS et de diffusion, et un tour de spire en séquence morphologique T2. L’injection n’est en théorie pas nécessaire.

3-     

Foie et grossesse

Les pathologies hépatobiliaires spécifiques à la grossesse sont : la cholestase intra-hépatique, la stéatose gravidique et le HELLP syndrome.

Seules les deux dernières présentent des anomalies notables en imagerie : hyperéchogénicité / hypodensité globale du foie dans la stéatose gravidique, et hypodensités centrées sur les vaisseaux portes pour le HELLP syndrome (nécrose en lien avec une microangiopathie disséminée)

Dans les deux cas, il s’agit de diagnostics très sévères qui nécessitent une extraction fœtale en urgence.

 

« Comment faisons-nous : IRM avec ou sans agent de contraste à base de gadolinium ? Actualités et recommandations de l’ESMRMB-GREC »

Auteur : Guillaume HAMON, CHU de Rennes G

Surspécialité : Neuroiradiologie, ORL

Dans la SEP, Alejandro Rovira Cañellas rappelle que l’injection est indiquée au diagnostic initial ou lorsque la détection d’une lésion active est susceptible d’influencer la prise en charge thérapeutique. Elle n’est en revanche pas recommandée lors du suivi systématique pour la détection de nouvelles lésions, conformément au consensus MAGNIMS–CMSC–NAIMS publié dans Lancet Neurology en 2025.

En pathologie tumorale, Fabio Martino Doniselli rappelle que l’injection reste le plus souvent indispensable, mais précise que certaines tumeurs bénignes comme les schwannomes du CAI, peuvent être exploré par des séquences morphologiques 3D T2 en haute résolution (« Recommendations on the use of gadolinium-based contrast agents in the diagnosis and monitoring of common adult intracranial tumours » 2025, European Radiology).

En imagerie de l’oreille interne et du CAI, Aïna Venkatasamy rappelle l’intérêt du gadolinium en pathologie tumorale (diagnostic initial), en contexte inflammatoire aigu (labyrinthite, neurite) et pour la recherche d’hydrops (primaire ou secondaire). À l’inverse, l’injection peut être évitée par exemple dans le suivi des schwannomes vestibulaires stables et dans l’étude des malformations de l’oreille interne.

Si ces sujets vous intéressent, le congrès de l’ESMRMB-GREC se tiendra en octobre prochain à Gérone en Espagne.

 

E³ 226a - Cybersecurity in AI-driven radiology systems

Auteur : Antoine FRAISSENON, CHU de Saint Etienne

Surspécialité : Imagerie cardiovasculaire, neuroradiologie

Cette session a traité de l’augmentation des risques de cybersécurité liés à l’intégration de l’intelligence artificielle en santé, en particulier en radiologie et dans l’usage des modèles génératifs tels que les grands modèles de langage (LLM). L’essor rapide de ces technologies s’accompagne de nouvelles vulnérabilités qui nécessitent une vigilance accrue.

Les données médicales figurent parmi les cibles privilégiées des cyberattaques. Le phishing reste la menace la plus fréquente, visant principalement les utilisateurs à travers des manipulations ou des fraudes, plutôt que les infrastructures techniques elles-mêmes. En radiologie, la multiplicité et la complexité des modalités d’imagerie augmentent les points d’entrée potentiels pour les attaques. De plus, des attaques comme le data poisoning, consistant à injecter des données erronées lors de l’entraînement, peuvent altérer significativement les performances d’un modèle, même avec une faible proportion de données corrompues.

Face à ces menaces, la sécurisation doit couvrir toutes les étapes du cycle de vie des algorithmes : conception, entraînement, tests et validation. La traçabilité et la vérification de l’origine des données deviennent essentielles, certains proposant des systèmes de labellisation pour évaluer leur fiabilité. Par ailleurs, un cadre réglementaire se met progressivement en place et le développement de formations en IA appliquée à la radiologie apparaît indispensable, malgré l’évolution rapide des technologies et des types d’attaques.

 

E³ 226b - Application of photon-counting CT in paediatrics: need or nice to have?

Auteur : Ahmed-Ali EL-AHMADI, AP-HM

Surspécialité : Radiologie diagnostique et interventionnelle

Le scanner à comptage photonique en pédiatrie

Le scanner à comptage photonique représente une innovation récente en imagerie, encore peu documentée en pédiatrie.

L’imagerie thoracique présente les meilleures perspectives d’application avec une nette amélioration de la résolution spatiale (analyse des voies aériennes distales, recherche d’anomalies vasculaires et la détection des blebs ou les kyste), une optimisation du suivi des lésions nodulaires en oncologie tout en réduisant nettement la dose délivrée et la quantité de produit de contraste iodé. 

En neuroradiologie, des limites importantes persistent, notamment la présence d’artefacts au contact de l’os et dans la fosse postérieure, pouvant entraîner des faux positifs tels que des pseudo-hématomes sous-duraux et la nécessité d’augmenter la dose pour amélioration la différenciation parenchymateuse encéphalique. Par ses performances en résolution spatiale, cette technique est intéressante pour l’analyse du rocher

Le scanner à comptage photonique apparaît comme une technologie prometteuse en imagerie pédiatrique, dans certaines indications et zones anatomiques. Un travail de standardisation des protocoles (indications, paramètres d’acquisition, post-traitement des images) est en cours au sein de l’ESPR (Société Européenne d’Imagerie Pédiatrique).

 

RPS404 Photon counting CT : advances in chest imaging ; research presentation session : chest

Auteur : Mehdi HAIDAR, CHU de Lille

Surspécialité : Imagerie cardiovasculaire, neuroradiologie

Imagerie thoracique

De la session scientifique RPS404, nous avons retenu les 5 études suivantes :

Une étude prospective sur 48 patients mono centrique a comparé la charge lésionnelle dans les PID fibrosantes dans les myopathies inflammatoires entre protocole standard et protocole faible dose, ce dernier permettant une dose efficace à moins de 0,3 mSv mais au prix d’une sous-estimation des lésions de fibrose. L’analyse des volumes pulmonaires et des réticulations étaient similaires.

Une étude rétrospective portant sur 101 patients a cherché à comparer un protocole faible dose vs ultra faible dose (ULD) se rapprochant des doses délivrées lors de radiographie. L’analyse des voies aériennes était sous-optimale et la quantification de l’emphysème était sous-estimée dans le groupe ULD.

Une étude rétrospective longitudinal sur 22 patients atteints de PID liées à la sclérodermie a comparé un scanner à acquisition à haute résolution et un scanner à comptage photonique. Les acquisitions sur le PCCT ont permis une diminution significative de la dose absorbée (DLP moyenne PCCT 77,64 mGy.cm vs DLP HRCT 116,77 ; p=0,0008). Le scanner PCCT a permis de plus une meilleure détection des lésions élémentaires et des modifications au cours du suivi.

Une autre étude a cherché à lier l’imprégnation en contraste (normalized concentration iodin) avec les marqueurs histologiques dans les ADK non à petites cellules lors d’acquisition au temps portal, mais aucun lien statistiquement significatif n’a été montré.

Enfin une étude rétrospective sur 23 patients atteints de MTEV comparant le scanner à comptage photonique et la scintigraphie de ventilation perfusion montrait une bonne corrélation (r=0,72 ; p<0,005) en plus de la précision anatomique du scanner en particulier au sein du lobe supérieur droit et du lobe inférieur gauche. 

 

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